La rentrée politique
de Gérard GOUZES
Question :
« Comment avez-vous digéré la défaite des législatives ? »
Se présenter à une élection c’est par définition prendre le risque d’être battu. Ce n’est pas, pour moi, une expérience nouvelle. J’ai été élu en 1981, réélu en
1988, battu en 1993, élu en 1997, battu…élu aux municipales en 2001, 2003, 2004…Les électeurs du marmandais sont très partagés et il suffit d’un mouvement national pour tout inverser. Cette
fois-ci se prévaloir de Sarkozy suffisait pour l’emporter. Avec mon bilan dans la circonscription, j’ai pensé que l’intensité de mon engagement pour le développement des Communautés de Communes,
du pays Val de Garonne-Gascogne, la clarté et la constance de mes paroles et de mes actes suffisaient à faire démentir un mauvais pronostic après les élections présidentielles perdues par les
socialistes. Et meme si j’ai amélioré de près de 1000 voix le score de 2002, je ne suis pas arrivé à retourner la situation.
Mais sincèrement, je m’interroge qui aurait fait mieux ?
Question :
« Alors d’après vous et après analyses, quelles sont les raisons de cette défaite ? »
Sans doute ai-je cru à tort que travailler sur des dossiers, porter des projets novateurs pour construire sur le long terme l’avenir du Marmandais suffisait à
convaincre mes concitoyens que j’agissais dans l’intérêt général et celui de nos enfants.
Accaparé par ces projets qu’ils soient communaux ou inter-communaux, je ne suis manifestement pas allé suffisamment au devant des habitants pour expliquer mon
action. On m’a aussi taxé d’être parfois trop volontariste, pas assez à l’écoute, trop impatient d’avancer… c’est possible ! Mais est-ce bien vrai et est-ce là l’essentiel ? Je crois
aussi que mon échec trouve en partie sa cause dans la situation où se trouve le PS, ses hésitations, sur l’europe, ses solutions souvent contradictoires sur les 35 heures, les privatisations, la
notion de marché, les OGM, l’augmentation du SMIC, les institutions de la République, les services publics, ont désarçonné beaucoup d’électeurs qui votaient pour moi et qui ont pu penser que
d’autres étaient plus crédibles dans leurs promesses.
Je souhaite qu’ils ne soient pas trompés.
A contrario, un petit clan d’inconscients se sont mobilisés depuis plus d’un an, au sein même du PS pour me faire barrage. Chacun sur ce point se souvient des
intrigues parisiennes, des déclarations sur l’illégitimité de ma candidature, sur l’impossibilité devant laquelle je me suis trouvé d’organiser sérieusement la campagne électorale, les attaques
sur ma longévité politique… Tout cela n’a rien arrangé !
Question :
« Ces reproches étaient-ils injustifiés ? »
Tout le monde a pu le constater j’ai fait l’objet, dans mon propre camp d’une campagne de déstabilisation qui a fini par porter ses fruits. Malgré tout, et le
résultat en témoigne, cette élection me laisse la fierté de ne pas avoir transigé sur mes convictions et mes valeurs.
Pouvait-on sérieusement me reprocher de n’avoir travaillé que pour la ville de Marmande et d’avoir délaissé les villages environnants ? On cherchera pourtant en
vain quelqu’un qui se soit autant mobilisé pour préserver l’aménagement du territoire, lorsque j’étais Député ou maintenant comme Président National délégué de l’association des Communautés de
France qui regroupe plus de 1000 Communautés de communes. Qui, localement aura autant défendu nos villages pour empêcher les fermetures de bureaux de poste en zone rurale ou freiner les
suppressions de classes dans les écoles, apporté à Tonneins tous les éléments financiers de sa résurrection, et préparé l’avenir avec de nouvelles zones d’activités économiques ?
De même, je vous invite à examiner les résultats de la gestion de Marmande depuis plusieurs années. N’y avait-il pas là de quoi se rassurer ?
Voilà pourquoi les attaques malveillantes dont j’ai pu faire l’objet me laissent insensible, car elles ne sont pas justifiées.
Question :
« Avez-vous songé à arrêter votre carrière politique ? »
J’accomplis depuis un certain temps mon travail d’élu avec le plus grand sérieux et les plus grands scrupules. Ça commence à se voir ! J’ai toujours pensé qu’en
politique comme ailleurs on devait s’imposer une limite. Mais quand j’ai vu, au soir de ma défaite législative, ceux qui se congratulaient en criant : »La mairie, la mairie et tous ceux
plus nombreux qui venaient, parfois même en pleurant, m’inciter à ne pas me décourager, à me dire que les comportements n’étaient pas les mêmes pour une élection municipale que pour une élection
nationale…Je me suis dit que je n’avais pas le droit d’abandonner mes amis et qu’il fallait continuer à me battre pour développer Marmande et pour ne pas voir notre commune tomber dans la
division, l’immobilisme et le déclin que génèrent toujours les simples ambitions pour le pouvoir.
Question :
« Craignez-vous pour votre siège de Maire ? »
Une élection n’est jamais gagnée d’avance. Ce sont les Marmandais qui décident et qui diront s’ils préfèrent le développement à l’immobilisme, la sécurité, à
l’aventure des illusions promises, la stabilité aux divisions. Même si dans le contexte très défavorable de l’élection de Monsieur Sarkozy, j’ai maintenu un bon score dans la ville de Marmande où
je n’ai jamais perdu une élection municipale, j’ai aussi compris et entendu la demande de proximité des Marmandais. Je vais donc, plus que par le passé, aller au contact de mes concitoyens pour
mieux les écouter et expliquer notre action. Le bilan que présentera la majorité municipale est, chacun le reconnaît, remarquable.
Je pense également qu’il me faudra plus qu’hier encore rassembler tous les Marmandais épris de leur ville et soucieux, avant tout, de son intérêt. Ce rassemblement
doit se faire au-delà des sensibilités politiques. Cela ne signifie aucun changement dans mes convictions d’homme de gauche, humanistes et sociales… mais rien n’interdit à des hommes et des
femmes d’horizons politiques différents de se retrouver autour d’un projet commun municipal qui répond aux besoins de la population marmandaise.
Dès cette semaine, j’invite tous ceux qui veulent construire Marmande de 2008 à 2014 à nous rejoindre au sein de l’association « Les Ateliers de Marmande »
pour établir ce programme.
Le moment venu, une nouvelle équipe rajeunie, renouvelée, redynamisée proposera un nouveau projet d’avenir ambitieux pour Marmande que nous aimons tous, dans le
respect de nos engagements et de nos priorités.
Question :
« N’êtes-vous pas entrain de vous éloigner du PS ? »
Pas du tout ! Je garde toujours la conviction que la politique est faite pour aider les gens à vivre mieux, dans un environnement protégé et dans une relation
sociale plus juste et plus humaine. J’ai toujours préféré l’entraide à l’égoïsme individuel et je pense toujours que seule la gauche peut faire bouger les choses et bousculer les
injustices.
C’est vrai qu’en ce moment le PS n’est même plus capable d’offrir à ses partisans ne serait-ce qu’un semblant d’unité et que l’envie du pouvoir a gagné certains au
point de leur faire perdre toute lucidité.
Question :
« Pourtant vous mettez en place une association ouverte à tous ! »
Ce n’est qu’un outil de travail et tout le monde aujourd’hui souhaite l’ouverture… pas le non positionnement qui consisterait à mettre fin au clivage gauche-droite,
car qu’on le veuille ou non ce clivage existe et perdure. La volonté de faire travailler ensemble des gens différents pour notre ville en sera l’objectif.
Chacun de nous passe sa vie à travailler, à discuter avec des gens différents, cela nous empêche-t-il d’essayer de dialoguer, de s’écouter, de se parler ? C’est
comme cela que l’on avance. Alors pour notre ville Marmande, je veux que le débat avance… pas sur de mesquines querelles individuelles mais sur de vrais choix qui concernent notre
avenir.
Les Marmandais peuvent toujours compter sur moi ? Je suis toujours là !