En 2008, lorsque SARKOZY a constitué le « Comité Balladur » chargé de
faire des propositions de réformes territoriales, sur 11 membres il n’y eu que 4 élus. Monsieur MARLEIX, Secrétaire d’Etat aux collectivités locales déclara :
« il faut privilégier des débats objectifs ».
Le signal de la délégitimation était donné pour les élus territoriaux. 20 régions sur 22 dirigées par la gauche, 58 départements sur 90 et une majorité de communes et d’E.P.C.I
élus à gauche encore en mars 2008, c’en était trop ! Jusqu’à inventer un système électoral inédit !
A cette manœuvre que le Conseil d’Etat a lui-même considéré comme étant « contraire à l’intelligibilité nécessaire à la sincérité des opérations électorales »,
ce qui signifie en d’autres termes « manipulations et carambouilles », s’ajoute les conséquences d’une politique économique, financière et sociale qui ravage la France
depuis 2002… La crise du capitalisme financier international a fait le reste.
Aujourd’hui les préoccupations budgétaires deviennent la clef du débat sur la réforme des collectivités. Endettements et déficit public de l’Etat deviennent plus
qu’inquiétants…vite il faut rendre moins coûteux les services publics, les dépenses des collectivités… il faut donc les empêcher de dépenser ! Il faut supprimer…supprimer
les services publics, les fonctionnaires, les communes !
Voilà pourquoi le Congrès des Maires cette année a été houleux pour le Gouvernement. Son communiqué final en dit long sur ce que pensent les élus de toutes les tendances des réformes
annoncées : « L’Etat des textes présentés au Parlement, les deux réformes : suppression de la taxe professionnelle et organisation territoriale, ne sont pas
acceptables ».
Comme le dit A. JUPPE lui-même : « Il faut que l’Etat ne se défausse pas en permanence sur les collectivités locales…ce n’est pas du jeu. Les collectivités territoriales
sont globalement bien gérées. Faire peser sur elles le poids du dérapage des dépenses publiques n’est pas très convenable. D’autant qu’elles réalisent 73 % des investissements publics alors que
l’Etat n’en fait plus ».
A cette inquiétude sérieuse, le chef de l’Etat et ses ministres, n’ont eu de cesse d’en rajouter en polémiques et en mépris.
SARKOZY leur avait dit en 2007 qu’il était opposé à la suppression des communes. Aujourd’hui, il tient un autre langage : « moins d’échelons, c’est moins
d’impôts » ou bien « les mouvements sectaires et politiciens baissent le consensus nécessaire des associations d’élus » et ses textes de
réformes suppriment les communes rurales et même urbaines dans les concepts de « métropoles » ou de « commune nouvelle ».
A l’appel à la concertation, au dialogue, à l’élaboration consensuelle de réformes nécessaires, à la réflexion approfondie avant de faire n’importe quoi il répond : « rendre
plus de temps, c’est créer de l’inquiétude ».
Tout ceci ne l’a, cependant, pas empêché d’être absent au Congrès des Maires de France pour aller triompher sous les caméras après un match de foot gagné « haut la
main » !
Nous pouvions attendre du parlement un réflexe de bon sens. Beaucoup d’élus de droite critiquaient ces réformes : RAFFARIN, ARTHUIS, LONGUET, JUPPE, PELISSARD…. Et même ici en Lot et Garonne DIONIS DU SEJOUR. Hélas le Sénat après l’Assemblée Nationale vient de se coucher. Même les promesses de FILLON à la Porte de Versailles n’ont pas été respectées.
Le Président de l’Association des Maires, Jacques PELISSARD l’a dit : « les ménages qui financent les collectivités aujourd’hui à 49 %, le feront demain à 73 %.
Bon courage à la classe moyenne… c’est encore elle qui supportera les cadeaux fait au MEDEF sans aucune garantie pour l’emploi, la croissance ou le refus des délocalisations.
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