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Contre les arguments du gouvernement pour forcer l’ouverture dominicale des commerces, les enquêtes sont têtues. Elles montrent non seulement l’inefficacité voire la dangerosité économique d’une telle mesure mais en plus le refus des Français de voir abandonner ce jour commun de repos à la majorité. L’étude du Crédoc commandée par Bercy ne déroge pas à la règle.
« Seulement 39 % des Français (actifs) seraient prêts à travailler régulièrement le dimanche ». 64 % des français ayant un emploi s’y opposent, de même que 49 % des étudiants.
Il est intéressant de noter que ce sont les chômeurs qui accepteraient le plus de travailler le dimanche (61 %), marquant par là même la réalité de la paupérisation implique l’acceptation des dégradations des conditions d’emploi.
Le modèle développé par le gouvernement est ainsi clairement identifiable comme un modèle reposant sur la dégradation des conditions du travail.
A ceci s’ajoute un effet économique nul mais déstabilisateur de certaines filières :
43 % des Français déplaceraient leurs achats de la semaine le dimanche. Le Crédoc en déduit : on s’attend donc à ce que l’effet net de la libéralisation de l’ouverture des magasins le dimanche sur la demande globale adressée au commerce soit très limitée, et que l’essentiel des ventes réalisées le dimanche corresponde au transfert de ventes initialement réalisées les autres jours de la semaine ».
D’après les chiffres du Crédoc, sur quatre scénarii possibles, il n’y a qu’un scénario créateur d’emplois ; et encore, 8000 emplois...L’effet qu’il faut attendre sur la croissance est tout à fait nul voir négatif.
Les grandes surfaces spécialisées seraient les granges gagnantes, les surfaces alimentaires plus petites étant handicapées. En effet il faut regarder les conséquences sur le commerce de centre ville, les petits commerces souffrant d’une « évasion de la clientèle, liée à l’attraction des centres commerciaux ».
Ainsi en conclusion pour le Crédoc, l’analyse approfondie des résultats de l’enquête incline à penser que le constat d’un accord d’une petite majorité des Français « ne témoigne pas nécessairement de l’existence d’une aspiration profonde des Français à voir les magasins systématiquement ouverts le dimanche.
Deux phénomènes apparaissent : d’une part un acquiescement mou pour des motifs se rapprochant de l’admission d’une liberté économique des commerçants ; et d’autre part une violente opposition au nom des valeurs.
Pire, dans la conjoncture économique actuelle, selon le Crédoc, ouvrir le dimanche atteindrait le moral des ménages. L’effet offre supplémentaire heurterait de plein fouet la baisse du pouvoir d’achat. La spirale du mécontentement serait accentuée.
Le Crédoc, enfin, sans aborder ce thème, s’interroge sur le coût environnemental de cette mesure. Cette enquête donne donc toutes les armes de résistance à ce que certains appellent « réforme » et qui n’est en réalité que « régression »
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