Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /Avr /2008 12:20
La semaine noire

 

 

Ce fut une semaine noire. Pour l’Elysée, et Nicolas Sarkozy en particulier, une communication chaotique, autour des dossiers « chauds » (carte famille nombreuse, OGM, etc..), a montré au moins une chose : le Premier ministre, qui n’a eu de cesse de réclamer une plus grande liberté d’action, a du mal à tenir son gouvernement. « Je suis entouré d’imbéciles et de c… », se serait exclamé le président de la République, vendredi matin, devant ses plus proches collaborateurs. Avant d’ajouter : « On me demande de ne pas intervenir sur tout et n’importe quoi. Voilà ce qui se passe lorsque je ne m’occupe pas moi-même des choses ». Or les annonces non préparées, les rétropédalages aggravent les tensions entre les élus et l’exécutif. Et au gouvernement, chaque ministre essaie de tirer la couverture à lui. « L’ambiance est franchement mauvaise », reconnaissent plusieurs ministres. Elle est pire à l’Assemblée Nationale ! Car il s’agit là quasiment d’une querelle de légitimité. Le Président s’appuyant sur celle de son programme électoral, les députés, qui rencontrent chaque semaine leurs électeurs, considérant majoritairement que la leur ne dépend pas du Président, mais de leurs électeurs. « Preuve qu’il n’a pas fait notre élection, rappelle l’un d’eux, nous sommes moins nombreux aujourd’hui que dans la législature précédente. Quant aux réformes, le plus souvent annoncées par des rapports où nous n’avons pas pris part, la majorité de celles qui font grincer les dents de notre électorat ne figuraient pas dans le programme électoral du Président ». Et certains vont jusqu’à faire remarquer que dans les sondages Nicolas Sarkozy a chuté de plus de 15 % par rapport au second tour de la présidentielle, et de 10 % par rapport au niveau de la majorité lors des cantonales.

 

Le malaise vient de loin. Dès son élection, Nicolas Sarkozy avait donné, avec l’ouverture, un signal fort sur l’avenir de l’UMP, tel qu’il l’espérait. C’est-à-dire faire subir au parti qui lui avait permis de gagner la présidentielle –car on ne gagne pas sans l’appui massif d’un grand parti, Ségolène Royal en sait quelque chose- une véritable transformation. En créant plusieurs pôles dont deux, les libéraux et les « progressistes de gauche », auraient été les partisans de la réforme, la majorité des vieilles troupes du RPR et de l’UDF étant à ses yeux trop frileuse. Et les municipales devaient faire émerger une nouvelle génération. Non seulement ces municipales ne l’ont pas permis, mais pour réussir l’opération, il aurait fallu que le Président accepte d’instaurer la proportionnelle pour les législatives –le chef investit les candidats et l’assise territoriale ne compte plus- et surtout de choisir pour diriger l’UMP, un vrai patron. Ce qu’il n’a pas fait. Pourtant, avec l’Elysée, on fonctionne « comme si nous n’étions que des numéros », s’insurge un député UMP, qui prédit que si cela ne change pas, la guérilla sera permanente.

 

Des ministres en chute libre (moins 12% pour Xavier Darcos !), un Premier ministre qui, après avoir cru que son heure était venue, oubliant qu’il n’avait qu’une popularité par défaut, qui chute également, un Président qui ne sait pas encore s’il a vraiment stabilisé sa baisse dans l’opinion, un groupe de parlementaire mal contrôlé –mais que font Jean-François Copé et Roger Karoutchi ?-, la session parlementaire risque d’être agitée. Autour de la notion trop floue de « la Réforme ». Car s’il y a des jusqu’au-boutistes- les « Khmers bleus » de la réforme-, il y a surtout, parmi les parlementaires, les prudents, ceux qui veulent en examiner le pourquoi et le comment. Qualifiés de « tenants de la vieille école », ils rappellent que Jacques Chirac « avait su tenir », alors que François Fillon annonce qu’il va accélérer. « Pour mieux reculer », ironise l’un d’eux. Bref, « plus personne n’y comprend rien, ajoute-t-il en conclusion, c’est à croire que nous ne savons plus faire de politique ». Et, compte tenu de la situation économique et sociale, c’est certainement le plus grave.

 

Guy PERRIMOND

Par Gérard Gouzes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés