Mardi 22 mai 2007
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L’instauration du Quinquennat, dont j’ai été le rapporteur à l’Assemblée Nationale en 2000, n’avait comme but que de permettre de donner un rythme à notre vie publique plus adapté à
l’accélération du temps politique.
Cette réforme ne devait en aucun cas remettre en cause l’équilibre de nos institutions. Au contraire, il s’agissait même de revenir aux fondamentaux de la Vème République tel que le Général de
Gaulle l’avait souhaité en 1958.
Or, la seule chose que le nouveau Gouvernement semble en avoir retenu, c’est qu’il lui faudrait la plus large majorité possible pour pouvoir travailler confortablement.
A l’époque, comme aujourd’hui, je prêchais pour que la principale conséquence du quinquennat soit l’institution d’une démocratie apaisée qui rendrait au Parlement ses pouvoirs de contrôle, de
dialogue, de compromis indispensable à l’avancée des réformes nécessaires.
Depuis 2002, c’est à dire depuis l’élection à 82 % de Jacques CHIRAC, puis d’une écrasante majorité UMP à l’Assemblée Nationale tout le système s’est bloqué et aucune réforme n’a pu être rendue
possible.
La majorité UMP, avec près de 400 députés n’a jamais autant peiné pour réformer, avancer et même appliquer ses promesses.
Pourquoi donc ? Le proverbe le rappelle : « qui trop embrasse mal étreint ». En effet, lorsque le Gouvernement est assuré, quoi qu’il fasse, d’être majoritaire… les dérives,
les excès se produisent.
L’opinion publique se cabre et le pays s’enfonce dans la division et l’immobilisme. Quand le Parlement vote comme un seul homme, le député ne sert plus à rien.
Quelques exemples illustrent ce constat. Qui a oublié comment l’écrasante majorité socialiste a peiné pour appliquer certaines propositions du Président MITTERRAND ? La loi sur le grand
service public de l’éducation nationale n’avait pas pu être adoptée.
Qui a oublié comment un certain Premier Ministre « droit dans ses bottes », Alain JUPPE, avait été obligé de caler devant les manifestations suscitées :, par sa prétention
majoritaire à modifier nos régimes sociaux ?
Qui n’a pas vu, tout récemment, Monsieur DE VILLEPIN rebrousser chemin à propos du C.P.E. alors qu’il avait une majorité pléthorique pour le faire adopter. Enfin, depuis que la droite fustige les
35 heures, on peut se poser la question de savoir pourquoi depuis 2002 elles n’ont pas été supprimées ou réformées ?
La leçon de ces situations démontre, comme le soulignait François MITTERRAND en 1988 qu’il n’est pas sain qu’un clan, qu’une tendance monopolise tous les pouvoirs.
Les élections législatives n’ont donc rien à voir avec l’élection présidentielle. Bien au contraire elles appellent à l’équilibre des pouvoirs, au dialogue constructif, aux compromis acceptés par
tous.
La France est aujourd’hui, avec ses comptes sociaux au rouge, ses 2000 milliards d’euros d’endettement, son commerce extérieur en déficit, son nombre de chômeurs élevés, sa très faible croissance
et ses délocalisations industrielles dans une situation trop grave pour jouer aux affrontements violents.
Le nouveau Président Nicolas SARKOZY l’a très bien compris en formant un Gouvernement se voulant « d’ouverture » avec des personnalités du centre et de la gauche.
Il a très bien évalué les difficultés qu’il va rencontrer en prenant la sage décision de ne pas s’engager dans la campagne des élections législatives.
Tout cela doit donc permettre aux marmandais qui vont se rendre aux urnes les 10 et 17 juin 2007, de bien réfléchir avant de suivre les appels à voter pour un parlement monolithique dans un pays
où tous les pouvoirs, médiatiques, économiques et financiers sont concentrés entre les mêmes mains.
Voilà pourquoi il est important que le Parlement soit à l’image du pays.
Voilà pourquoi je les invite à nous rejoindre pour débloquer la France et la faire entrer triomphante dans le XXIème siècle.