Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 15:46




le rejet du president

undefined Avec seulement 36% de bonnes opinions, contre 58% de mauvaises, Nicolas Sarkozy atteint un niveau d'impopularité rare pour un Président de la République. Ce fut avant lui le cas de François Mitterrand après trois ans de mandat (36% de bonnes opinions, contre 54%, en avril 1984) et de Jacques Chirac bien plus rapidement (36% contre 56% en octobre 1995). Dans ces trois cas, la chute de popularité résulte pour l'essentiel du choc entre d'une part des résultats décevants sur l'enjeu majeur des élections précédentes (l'emploi puis la fracture sociale hier, le pouvoir d'achat aujourd'hui), et d'autre part une attitude présidentielle interprétée par l'opinion comme un revirement (ou simplement un désintérêt).

En quelques semaines, l'écart entre les bonnes et les mauvaises opinions sur Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République est passé de -3 à -22 points. Ce résultat correspond à une baisse de 9 points des bonnes opinions et à une hausse de 10 des mauvaises. Depuis la mi-novembre, ces chiffres sont respectivement de -19 et de +20. La durée de cette évolution incite à relativiser l'impact de certains épisodes, par exemple les vacances dorées du couple présidentiel, au profit d'un agenda social très soutenu sur la période, de la grève des caissières de supermarché à celle des chauffeurs de taxi, l'une rappelant la lancinante attente d'une hausse du pouvoir d'achat, l'autre étant perçue par certains à droite comme l'indice d'une faiblesse inattendue dans la démarche réformatrice.

Cette baisse rapide et continue de la cote présidentielle au cours des trois derniers mois s'est effectuée selon un rythme ternaire. Après une baisse assez largement répartie à l'automne et la chute des opinions positives parmi les sympathisants centristes autour de Noël, l'effondrement actuel doit beaucoup à l'évolution de l'attitude des sympathisants de l'UMP (81% de bonnes opinions, soit - 10 points) et du Front national, désormais majoritairement mécontents.

La confirmation de la remontée de la cote de François Fillon (44%, + 3 points en deux mois), d'abord imputable aux sympathisants de gauche, nuance davantage ce tableau qu'elle ne l'infirme. En effet, si le Premier ministre apparaît à certains pans de l'opinion publique comme un modérateur vis-à-vis de l'action présidentielle, sa part dans l'inspiration de la politique générale suivie n'est pas telle que l'évolution de sa cote personnelle soit le signe d'un soutien particulier à l'action des pouvoirs publics, et pas davantage aux réformes.
 
Par Gérard Gouzes - Publié dans : Politique Nationale
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Vendredi 25 janvier 2008 5 25 /01 /Jan /2008 14:36

la-montre-de-sarko.jpg  

Patrick Balkany, jamais avare d’anecdotes sur son « pote », nous avait instruit des larmes d’un Nicolas Sarkozy recevant, des mains d’un père un peu volage et flambeur, une Rolex. Etais-ce une réparation symbolique d’une enfance volée ? Toujours est-il que le petit Nicolas aimera ce qui brille.

 

Et cela tombe bien, la présidence de la République va lui donner l’occasion de satisfaire ce goût pour le « clinquant ». Il fera sien le mot de Bonaparte : « pour moi je n’ai qu’un besoin, celui de réussir ». Nicolas Sarkozy va donc afficher sa réussite avec ostentation.

 

Nicolas Sarkozy présente, montre, vend son ascension. Alors que la peur de la relégation assaille chaque Français. Le moral des ménages est au plus bas. Et la vie chère ronge chaque jour un peu plus le quotidien de toutes les catégories sociales.

 

Ray ban, chaîne en or qui brille sous la chemise ouverte, mocassins à pompons, montre à « plusieurs patates » au poignet, salaire confortable, voyages en jet privé, notre président reste un grand ados. Même dans ses amours où il poussera sa plainte muette jusqu’à se faire photographier avec sa nouvelle compagne, qui ne pouvait être qu’un top modèle, là où son ex-épouse s’était échappée un noël précédent à Petra. Il ne nous manque que la station de sports d’hiver huppée, mais cela ne devrait pas tarder. Tout y est.

 

Cela fait sourire les bobos, peut impressionner le populo et si le « monde parisien » s’en offusque cela peut rapporter gros. Car pendant qu’on glose sur la forme, on ne gratte pas trop le fond.

 

Tout cela n’est pas étonnant quant la politique s’efface le « pipole » prend la place.

 

Mais il ne faut pas en rester à l’écume des choses et se laisser compter la berceuse de la « glasnost » sarkozienne refusant l’hypocrisie. Cette forme de pouvoir absolu est le reflet de notre époque. Elle a une apparence, celle de la jet set, mais elle a une réalité, l’espace public sans espace devant la poussée sans limite de l’appétit privé. Une citoyenneté entamée, une représentation délégitimée, des partis dépassés par les sondages, des corps intermédiaires anémiés et un troisième pouvoir médiatique largement asséché, un Parlement plus que jamais godillot et un gouvernement qui a l’impression d’être de trop, jamais un pouvoir n’a été à ce point hors de toutes contraintes. Nicolas Sarkozy est pris par le vertige de sa monarchie médiatique où l’Elysée est devenu le cabinet du Roi et l’étiquette celle de la réussite. Paraphrasant Stendhal dans le Rouge et le Noir, il s’exclame : « Grand Dieu, pourquoi suis-je moi ? ».

 

Mais il ne faut pas s’arrêter à cela. Par-delà l’apparence, nous devons saisir l’essence même du pouvoir sarkozien.

 

Au-delà des échecs criant, sur le pouvoir d’achat, le logement, la santé, la croissance, la dette, et surtout la confiance, le gouvernement a touché à tout, mais n’a rien changé.

 

Ce qui frappe dans la pratique sarkozyste c’est la rupture avec l’intérêt général. Le social c’est d’abord l’entreprise, la santé c’est avant tout la dépense, la justice, c’est la punition, l’impôt c’est prioritairement l’allègement pour les plus riches, la politique internationale c’est principalement les Etats-Unis. Protection, promotion, prévention, réparation, bref l’intérêt général a disparu de l’action d’un gouvernement ne connaissant que le toujours moins. Nicolas Sarkozy se veut président acteur dans les sens du terme et tranche constamment dans le sens du marché.

 

Quand la critique afffleure, quand le « là où va-t-on ? » se fait trop pressant. Tant il est vrai que Nicolas Sarkozy est une force qui va mais qui ne sait pas où elle va. Quand l’interrogation se fait forte sur la confusion des genres, le discours s’évade dans la civilisation pour mieux faire discourir. Laurent Wauquiez résume benoîtement la méthode dans un « gratuit », « nous occupons l’agenda médiatique pour éviter d’avoir à le subir ». Le rêve de tout monarque, l’habileté de cour et des mots pour échapper au jugement du peuple. Avec comme étendard toujours la même formule « la société, c’est moi ».

 

Encore qu’il est là aussi possible de prendre Nicolas Sarkozy au « défilé » du langage. Du discours de Dakar à celui de Saint-Jean de Latran, la civilisation sarkozienne n’est pas universalisme de la République, mais celle du marché et de la religion.

 

Derrière le masque contestable d’une présidence jet set perce une réalité chaque jour plus forte. L’intérêt général n’est plus aux commandes du char de l’Etat.

 

« Une tribune de Jean-Christophe Cambadélis publiée dans Marianne de la semaine du 15 janvier 2008 »

Par Gérard Gouzes - Publié dans : Actualités
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Vendredi 25 janvier 2008 5 25 /01 /Jan /2008 11:37

 

Le President du pouvoir d'achat

 

pouvoir-d-achat.jpg

 

En quelques mois la cote de SARKOZY aura baissée de 18 points tombant à 48% de satisfait contre 51% de mécontent (le Figaro 16/1/08).

 

Pourquoi cette chute qui commence à inquiéter tous les supporters de l’UMP ?

 

SARKOZY avait tout promis. Il dit aujourd’hui qu’il ne peut rien faire car « les caisses sont vides »

 

Mais qui les a vidées ?

 

Le Président du « paquet fiscal »

 

Le choc de confiance promis cet été s’est transformé en fardeau fiscal pour les Françaises et les Français, sauf pour les quelques privilégiés qui ont pu bénéficier du bouclier fiscal.

 

Aucun coup de pouce n’a été donné au SMIC ou aux pensions de retraite.

 

La prime pour l’emploi, l’allocation de rentrée scolaire, les allocations familiales augmentent moins que la hausse prévue pour les prix Le Président de la république n’a pas incité les entreprises à augmenter les salaires, il a invité les salariés à faire des heures supplémentaires, comme si cela relevait de leur décision.

 

Ajourd’hui, les Français doivent faire face à la hausse des prix des produits alimentaires, à celles des carburants à l’augmentation des loyers. A compter du 1er janvier 2008, les malades seront taxés à chaque achat de boîte de médicament et acte paramédical, 800 000 personnes âgées modestes devront payer la redevance alors qu’elles en étaient exonérées. Les emplois peu qualifiés, à temps partiel et de courte durée se développent.

 

Le Président de la baisse du pouvoir d’achat

 

Dans son intervention télévisée du 29 novembre dernier, Nicolas SARKOZY a voulu faire croire aux français :

 

-         Qu’ils pourraient obtenir rapidement une augmentation de leur pouvoir d’achat

 

C’est faux. Les mesures proposées ne s’appliqueront pas dans l’immédiat, elles sont renvoyées à la discussion d’un agenda social des futures « réformes » de 2008.

 

-         qu’ils auraient tous une augmentation de leurs revenus

 

C’est faux. Aucune mesure n’améliore la situation des chômeurs et des retraités, ni  celle des salariés des petites entreprises qui ne sont pas passées aux 35 heures, ni celle des travailleurs à temps partiel non annualisé, ni celle des salariés des entreprises sans croissance d’activité.

 

Les Français espéraient des propositions concrètes en faveur des salaires et contre la vie chère. Ils n’ont que des mesures de mystification et de régression, des mesures en contradiction avec l’objectif avec l’objectif l’augmentation des salaires.

Les propositions sont inefficaces et dangereuses pour les Français.

 

La formule « travailler plus pour gagner plus » signifie en réalité « gagner moins et payer plus ».

Par Gérard Gouzes - Publié dans : Lettre d'informations
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 08:49


personnes-ag--es.jpg En 2008 les personnes agées seront taxées


Jusqu’à ce jour
toutes les personnes de plus de 65 ans qui ne sont pas imposables échappent au paiement de la redevance audiovisuelle. 

A partir de 60 ans, les personnes dont le revenu fiscal ne dépasse pas 9 437 €, c’est-à-dire l’immense majorité des retraités agricoles et des retraités ouvriers du Lot-et-Garonne étaient, elles aussi, exonérées de cette redevance. 
En 2004, les députés UMP à l’Assemblée Nationale ont voté une disposition tendant à coupler sur la même famille d’impôt la redevance audiovisuelle et la taxe d’habitation et dans le même temps, ils ont décidé de supprimer ces exonérations en…2008.
Nous y voilà ! L’Etat va récupérer ainsi sur 850 000 personnes âgées 116  € par an, soit en tout 100 Millions d’Euros. C’est ce que l’on appelle « améliorer le pouvoir d’achat » des plus modestes !
Mais pris de remord nos députés UMP viennent de voter un amendement qui rétablit l’exonération pour les handicapés et un autre qui rétablit 50 % de l’exonération.
Le résultat fiscal est que ceux qui étaient exonérés de redevance paieront, tout de même, en 2008 : 58 €…c’est toujours ça de pris aux pauvres puisque comme le déclarait Alphonse Allais : « c’est normal que l’on fasse payer les pauvres car ils sont plus nombreux que les riches ».
Si l’on ajoute à cette taxation des personnes âgées la volonté exprimée par les Sénateurs UMP de récupérer les sommes versées aux personnes âgées au titre de l’APA (Allocation Personnalisée à l’Autonomie) sur les successions… on peut comprendre que la majorité des personnes âgées qui ont voté pour Monsieur Sarkozy ou ses députés commencent à se poser des questions… mais un peu tard !
 
Par Gérard Gouzes - Publié dans : Lettre d'informations
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 17:01

 

Rachida DATI ou la justice avec l'UMP

 

rachida-dati-copie-1.jpg

 

Fait assez rare pour être souligné, le principe d’une réforme de la carte judiciaire fait l’objet d’un consensus de la part du monde judiciaire et des élus. Pourtant, les contours de la nouvelle carte que dessine la ministre de la Justice soulèvent l’émoi des barreaux, le rejet des personnels de greffe et des magistrats, la colère des élus locaux et l’inquiétude des populations. Particulièrement concernés, les élus ont dénoncé à maintes reprises une réforme mal conçue, sans objet, dépourvue d’ambition et, surtout, bien éloignée des attentes très fortes de nos concitoyens en matière de proximité. Visiblement à court d’arguments, la garde des Sceaux a décidé de placer élus et professionnels de justice devant le fait accompli. Au bout de dix régions visitées, 6 tribunaux de grande instance, 86 tribunaux d’instance et 53 tribunaux de commerce avaient été supprimés en fonction de critères purement mécaniques et comptables.

Si la détermination de la ministre de la Justice ne fait pas de doute, sa volonté de concertation paraît peu évidente. Du comité consultatif tombé en désuétude au récent «tour de France» d’une garde des Sceaux prétendument à l’écoute, tout a été fait pour éviter une fronde nationale et imposer une réforme déjà prédéfinie visant à la suppression de plus de deux cents tribunaux d’instance.

Mais en quoi la suppression de près de la moitié des juridictions de proximité pourrait-elle améliorer les choses ? On ne fera que surcharger encore un peu plus les autres tribunaux, déjà engorgés, où l’on juge dans des préfabriqués et des locaux trop exigus ! La suppression des juridictions de proximité – particulièrement efficaces en matière de délai des décisions de justice, d’application des peines mais aussi de coût – n’apportera que davantage de confusion et de dysfonctionnements à notre institution judiciaire.

Or la situation est déjà bien préoccupante. Les jugements sont de moins en moins motivés, les délais devant les grandes juridictions deviennent insupportables, le code pénal n’y est plus appliqué entièrement et la justice administrative s’enterre à petit feu sous le poids des dossiers interminables. Pendant ce temps, le Parlement multiplie les lois médiatiques, la moitié des peines ne sont pas exécutées et les magistrats sont entravés dans leur travail quotidien par un manque flagrant de moyens qui fait de la France le parent pauvre de l’Europe judiciaire.

Pour 2007, il n’y aura qu’une centaine de postes créés dans les greffes, et la promotion «Eva Joly» de l’Ecole nationale de la magistrature sera la plus faible en nombre d’auditeurs depuis 1999. A l’inverse, 500 millions d’euros devraient être débloqués pour la nouvelle carte judiciaire : le quart du budget de la justice !

Sans doute faudrait-il rééquilibrer les juridictions, créer des cours d’appel ou des tribunaux de grande instance dans certaines banlieues à forte croissance démographique, simplifier les procédures vers un guichet unique de première instance ou encore développer le système d’aide juridictionnelle. Cependant, quelles que soient les mesures adoptées, la nouvelle carte judiciaire ne pourra contribuer à l’amélioration du fonctionnement de la justice si elle ne respecte pas une logique d’aménagement du territoire en faveur de nos concitoyens. Supprimer un tribunal, c’est dans de nombreux cas obliger le justiciable à effectuer plus de 100 km aller-retour pour se présenter devant le juge ou trouver un avocat, c’est créer des déserts judiciaires de fait, en particulier pour les plus démunis.

La réforme actuelle fait donc courir un grave risque pour l’efficacité et l’accessibilité de la justice de notre pays, mais elle menace en outre de nous faire rater pour de nombreuses années la véritable réforme qu’attend le pays. C’est pourquoi nous demandons solennellement à M. le président de la République de suspendre la réforme actuelle et d’organiser au plus vite un Grenelle de la justice qui rassemblerait tous les acteurs concernés, dont les élus locaux, afin de remédier à un mal qui nécessite une thérapie plus efficace que de simples coups de crayon sur des tribunaux qui rendent la justice mieux qu’ailleurs. Ce n’est, à l’évidence, qu’à cette condition que la réforme sera une réussite.

Par Gérard Gouzes - Publié dans : Actualités
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