Prime pour le minimum vieillesse
En 2007, l’inflation a augmenté de 2,6 %, loin des 1,8 % prévus. Aujourd’hui, le déficit cumulé du régime général sur les années 2005 à 2008 dépasse 13 milliards d’euros. La hausse du minimum vieillesse est donc une mesure très partielle. Aujourd’hui, le minimum vieillesse est de 628,10 euros par mois pour une personne seule. Cette allocation est versée aux retraités de plus de 65 ans, qui le plus souvent ont eu des carrières irrégulières, afin de leur permettre de percevoir une pension minimale. Il est versé à environ 600 000 personnes ayant un niveau de ressources très faibles (643 euros par mois pour une personne seule, 1 126 euros par mois pour un couple). La majoration de 5 % annoncée pour 2008 représente un gain mensuel de 31,4 euros par mois, (moins d’1 euro par jour).
Le versement de 200 euros promis au début du second trimestre pour 2008, anticipant une augmentation annoncée de 5 %, apparaît comme un maigre « cadeau » avant les élections. Tous les autres retraités, et notamment les 3,5 millions qui ont une pension légèrement supérieure au seuil de versement du minimum vieillesse et auxquels il avait été aussi promis une revalorisation, ne sont pas concernés par la hausse annoncée. Pour eux, 2008 est une année de baisse du pouvoir d’achat de leur pension. Ils doivent faire face à la hausse des prix de première nécessité et des produits alimentaires, aux franchises médicales ou encore à la hausse du coût de l’énergie. Maintenant une question se pose ! Qui paiera la facture ? Les caisses de l’Etat ont été vidées en juillet 2007, dès lors qui paiera la hausse du minimum vieillesse ? Le minimum vieillesse est financé par le Fonds de solidarité vieillesse dont 75 % des recettes sont constituées par la CSG. La hausse annoncée du minimum vieillesse ne peut conduire qu’à l’augmentation de la CSG dès cette année. En effet, le déficit cumulé de 2002 à 2007 du Fonds dépasse 5 milliards d’euros. Financer la hausse du minimum vieillesse sur un hypothétique excédent du Fonds en 2008 est illusoire compte tenu du déficit chronique depuis 5 ans. Au final, ce sont bien des Français, et notamment les plus modestes, qui paieront les cadeaux faits aux plus aisés au mois de juillet 2007. Il y a pourtant une solution qui ne coûterait rien aux Français : La « prime » de 200 euros représente une dépense nouvelle de 120 millions.
Au 31 août 2007, l’Etat a versé 121,107 millions d’euros au titre du bouclier fiscal pour 2 398 contribuables, qui ont pu réduire leurs impôts de 50 503 euros en moyenne. Il suffirait de supprimer le « bouclier fiscal » des plus riches pour trouver les moyens qui manquent à l’Etat pour revaloriser les retraites.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Avec seulement 36% de bonnes
opinions, contre 58% de mauvaises, Nicolas Sarkozy atteint un niveau d'impopularité rare pour un Président de la République. Ce fut avant lui le cas de François Mitterrand après trois ans de mandat
(36% de bonnes opinions, contre 54%, en avril 1984) et de Jacques Chirac bien plus rapidement (36% contre 56% en octobre 1995). Dans ces trois cas, la chute de popularité résulte pour l'essentiel
du choc entre d'une part des résultats décevants sur l'enjeu majeur des élections précédentes (l'emploi puis la fracture sociale hier, le pouvoir d'achat aujourd'hui), et d'autre part une attitude
présidentielle interprétée par l'opinion comme un revirement (ou simplement un désintérêt).