Le socialisme moderne, c’est pour quand ?
Notre société subit aujourd’hui, du fait de la généralisation des modes de consommation, un mouvement général de « désocialisation ». Cette explosion de « l’individu » pousse nos concitoyens, et en particulier les jeunes générations en quête de repères et d’identité nécessaires à la construction de leur vie, à promouvoir ce que j’appellerai « la production de soi ».
Dans ce contexte, les forces de gauche ne peuvent pas toujours comprendre l’aspiration de la grande masse des gens. La gauche a toujours eu comme objectif de construire l’univers social des individus, or aujourd’hui la question du sujet, du moi, de l’individu tend à remplacer celle de l’acteur social.
Le citoyen n’est plus, il est remplacé par le consommateur. Il ne peut plus se comporter en fonction de l’utilité sociale souhaitable ; il ne peut plus faire appel à un ordre plus global… il ne peut se retourner que vers lui-même au milieu de toutes les mutations et les bouleversements qui agitent le monde.
Il faut comprendre alors pourquoi la morale disparaît. Elle était sociale, elle est devenue individuelle et par conséquent à géométrie variable !
Se construire grâce au développement de sa consommation, se découvrir seul au milieu de la foule devient le seul critère utile de la « moralité », c’est à dire de ce qui est juge positif et de ce qui est ressenti comme négatif. Mais positif ou négatif pour qui ? Certainement pas pour la société, ni pour l’intérêt général !
Les socialistes ont cru et croient encore dans le progrès et la raison nés de la société industrielle.
Aujourd’hui, ils sont dans la confusion. L’ouverture des marchés mondiaux, le caractère unidimensionnel de l’humain, le triomphe sans limite d’un capitalisme moins contrôlé que jamais, la naissance et le formidable développement de l’information et de la communication, les phénomènes de l’immigration…. devraient les obliger à reformuler leurs objectifs et à redéfinir leurs moyens d’y parvenir et pas seulement à exhumer les recettes du passé.
C’est cette agitation dans un monde trop divers et trop pressé, qui va trop vite, qui incline au repli sur soi : on appelle cela l’égoïsme, qui pousse à l’individualisme mais aussi à la recherche de valeurs perdues : la tradition, le local, la nation, l’ordre, la famille… C’est cela qui fait le lit d’une extrême droite apte à combler le vide laissé par le reste de la classe politique. Mais c’est aussi cela l’espoir de reconstruire une nouvelle société.
Parler d’ordre et de justice, de la valeur travail et de solidarité sociale… se fixer comme horizon une nouvelle discipline collective… n’est ce pas là ce qu’attend la majorité des Français ?
Alors, camarades, encore un effort sur nous-mêmes pour changer non pas de politique mais la politique elle-même.
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