Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 17:04








 
En 2008, lorsque SARKOZY a constitué le « Comité Balladur » chargé de faire des propositions de réformes territoriales, sur 11 membres il n’y eu que 4 élus. Monsieur MARLEIX, Secrétaire d’Etat aux collectivités locales déclara : « il faut privilégier des débats objectifs ».


Le signal de la délégitimation était donné pour les élus territoriaux. 20 régions sur 22 dirigées par la gauche, 58 départements sur 90 et une majorité de communes et d’E.P.C.I élus à gauche encore en mars 2008, c’en était trop ! Jusqu’à inventer un système électoral inédit !


A cette manœuvre que le Conseil d’Etat a lui-même considéré comme étant « contraire à l’intelligibilité nécessaire à la sincérité des opérations électorales », ce qui signifie en d’autres termes « manipulations et carambouilles », s’ajoute les conséquences d’une politique économique, financière et sociale qui ravage la France depuis 2002… La crise du capitalisme financier international a fait le reste.


Aujourd’hui les préoccupations budgétaires deviennent la clef du débat sur la réforme des collectivités. Endettements et déficit public de l’Etat deviennent plus qu’inquiétants…vite il faut rendre moins coûteux les services publics, les dépenses des collectivités… il faut donc les empêcher de dépenser ! Il faut supprimer…supprimer les services publics, les fonctionnaires, les communes !


Voilà pourquoi le Congrès des Maires cette année a été houleux pour le Gouvernement. Son communiqué final en dit long sur ce que pensent les élus de toutes les tendances des réformes annoncées : « L’Etat des textes présentés au Parlement, les deux réformes : suppression de la taxe professionnelle et organisation territoriale, ne sont pas acceptables ».

Comme le dit A. JUPPE lui-même : « Il faut que l’Etat ne se défausse pas en permanence sur les collectivités locales…ce n’est pas du jeu. Les collectivités territoriales sont globalement bien gérées. Faire peser sur elles le poids du dérapage des dépenses publiques n’est pas très convenable. D’autant qu’elles réalisent 73 % des investissements publics alors que l’Etat n’en fait plus ».


A cette inquiétude sérieuse, le chef de l’Etat et ses ministres, n’ont eu de cesse d’en rajouter en polémiques et en mépris.


SARKOZY leur avait dit en 2007 qu’il était opposé à la suppression des communes. Aujourd’hui, il tient un autre langage : « moins d’échelons, c’est moins d’impôts » ou bien « les mouvements sectaires et politiciens baissent le consensus nécessaire des associations d’élus » et ses textes de réformes suppriment les communes rurales et même urbaines dans les concepts de « métropoles » ou de « commune nouvelle ».


A l’appel à la concertation, au dialogue, à l’élaboration consensuelle de réformes nécessaires, à la réflexion approfondie avant de faire n’importe quoi il répond : « rendre plus de temps, c’est créer de l’inquiétude ».


Tout ceci ne l’a, cependant, pas empêché d’être absent au Congrès des Maires de France pour aller triompher sous les caméras après un match de foot gagné « haut la main » !

Nous pouvions attendre du parlement un réflexe de bon sens. Beaucoup d’élus de droite critiquaient ces réformes : RAFFARIN, ARTHUIS, LONGUET, JUPPE, PELISSARD…. Et même ici en Lot et Garonne DIONIS DU SEJOUR. Hélas le Sénat après l’Assemblée Nationale vient de se coucher. Même les promesses de FILLON à la Porte de Versailles n’ont pas été respectées.

Le Président de l’Association des Maires, Jacques PELISSARD l’a dit : « les ménages qui financent les collectivités aujourd’hui à 49 %, le feront demain à 73 %.

Bon courage à la classe moyenne… c’est encore elle qui supportera les cadeaux fait au MEDEF sans aucune garantie pour l’emploi, la croissance ou le refus des délocalisations.

Par Gérard Gouzes
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 10:46


LETTRE AU REPRESENTANT DE L'ETAT






Monsieur le Préfet,

 

  

J’ai bien reçu la liasse du courrier établi conjointement par le Ministre de l’intérieur et le Secrétaire d’Etat à l’intérieur et aux collectivités territoriales nous présentant les objectifs et le contenu des projets de loi relatifs à la réforme des collectivités territoriales.

 

Vous me demandez de bien vouloir en assurer la diffusion auprès de chaque élu communal, ce que je m’empresse de faire immédiatement, alors que ce n’est ni ma fonction, ni l’expression de mes convictions.

 

Vous me permettrez cependant de m’interroger sur votre rôle dans ce contexte. Le représentant de l’Etat que vous êtes est-il là pour assurer la propagande du gouvernement comme le font normalement les partis politiques qui le soutiennent ?

 

En effet, il me plaît de rappeler que vous avez le devoir de veiller à l’application des lois démocratiquement votées par le parlement comme des règlements autorisés par la loi, quelles que soient vos convictions personnelles, au demeurant, toujours respectables. Mais, est-il normal qu’avant même le débat et le vote d’un texte, vous soyez le relais d’une pensée qui n’a pas encore force de loi auprès des élus de la nation ?

 

La neutralité du représentant de l’Etat dans un département est, me semble-t-il, le gage d’une République égale pour tous les Français et vous en êtes le symbole le plus important. Il est dommageable dans ces conditions que vous puissiez être perçu comme le premier militant et par conséquent, partisan à défaut d’être neutre à l’occasion d’une réforme territoriale sans précédent depuis l’avènement de la République en France.

 

De la même façon que notre fonction d’élu au suffrage universel, par définition partisane dans le débat anté-élection, se doit toujours d’être au service de tous nos concitoyens, il m’apparaît que celle du Préfet devrait être la garantie d’un Etat partagé pour tous.

 

Je vous serais, par conséquent, reconnaissant de bien vouloir le rapporter à MM. les Ministres de l’Intérieur et des collectivités locales.

 

 Sans vous demander dans ces conditions, de diffuser également les arguments de ceux qui pensent que cette réforme va porter un coup terrible aux communes rurales, aux départements et aux régions, qu’elle va priver nos concitoyens les moins aisés des services publics de proximité par une réforme de la taxe professionnelle mal adaptée, je vous informe que je relaierai aussi auprès des élus, les explications qui permettront à chacun de se faire une idée plus exacte et certainement plus objective des conséquences de la réforme territoriale programmée.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

 

 

Le Maire de Marmande,

 

 

 

 

 

Gérard GOUZES

 

 

Monsieur le PREFET de Lot-et-Garonne

Place Verdun

47920  AGEN  CEDEX 9

 

 

Par Gérard Gouzes - Publié dans : Politique Nationale
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 11:35

 

Le gouvernement Sarkozy-Fillon est celui de l’insécurité publique, de l’insécurité sociale ,de l'insecurité financière et de plus en plus de l’insécurité économique.


Depuis 2002 ce sont plus de 15 lois qui ont été votées pour mettre fin à la délinquance par la répression. Rien n’y a fait ! Pire, les statistiques même caviardées font apparaître une hausse des agressions contre les personnes. Entre temps le gouvernement a fermé des commissariats de police, supprimé la police de proximité, réduis les effectifs de police et de gendarmerie comme leurs moyens. Les crédits destinés à la prévention de la délinquance ont été supprimés.


Sur le plan social, le déficit de la sécurité sociale va atteindre cette année 20 milliards d’Euros et 30 l’an prochain. On rembourse de moins en moins les médicaments, le forfait hospitalier va passer à 20 E et on menace de supprimer des hôpitaux de proximité. Le chômage explose et on dépassera le taux de 10% à la fin de l’année avec près de 3 millions de chômeurs inscrits sans compter ceux que l’on a rayé des listes pour faire baisser les statistiques. Et le pouvoir d’achat diminue. Qu’en sera-t-il demain de nos retraites ?


Sur le plan économique
l’insécurité croit chaque jour. L’agriculture est en plein marasme et le gouvernement reste sourd aux appels au secours du monde rural. La désindustrialisation de la France continue de plus fort. En quelques années notre industrie a perdu un tiers de ses effectifs. Elle ne représente plus que 17 % de l’emploi total et sa part dans la valeur ajoutée est tombée de 28 % à 19 %. Airlib, Daewo, Metaleurop, Grimaud-logistic, Flodor, Michelin, Molex… la litanie quotidienne des licenciements et des délocalisations marque l’actualité.


Sur le plan financier
l’endettement du pays atteint des sommets inimaginables et l’impôt sur le revenu ne suffit pas à rembourser les intérêts de la dette. Le déficit budgétaire de l’année a grimpé à 130 milliards d’Euros. La crise est toujours latente et les banques après avoir été renflouées s’apprêtent à recommencer les mêmes erreurs qui nous conduiront à une nouvelle crise encore plus grave dans les années à venir.


Pendant ce temps le tiers monde se meurt et la guerre couve au Moyen Orient.


Alors oui il faut penser à l’avenir et ne plus regarder son ego. L’alternance qu’il faut vite espérer ne peut se bâtir sur l’anti-Sarkozisme. Mais il faut appeler un chat… un chat ! Rebâtir l’espoir par le rétablissement d’une vraie sécurité pour les français.


Une sécurité de proximité avec une vraie politique d’éducation et de prévention.

Une sécurité des parcours professionnels et de la formation continue.

Une sécurité pour nos soins par la modernisation de notre système de santé.
Une sécurité pour notre politique industrielle en stimulant fortement la recherche, l’innovation, l’enseignement supérieur.


Pour que cesse la fermeture des entreprises, des hôpitaux, des postes, des écoles, des services publics, des tribunaux, la suppression des juges, des professeurs, des chercheurs, demain comme annoncé des petites communes, des sous-préfectures,… il faudra bien reconstruire un autre modèle de développement sécurisant pour tous. La bataille pour la gouvernance régionale qui s’annonce va être la clef du changement ou de la poursuite du déclin.


J’enrage de penser que notre pays puisse ainsi s’enfoncer alors que l’urgence est si grande.

                         GG
Par Gérard Gouzes - Publié dans : Politique Nationale
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 09:40









 
    laréforme territoriale imaginée par le Gouvernement de Monsieur Sarkozy semble à priori évidente, nécessaire et indispensable à la modernisation du pays. Elle se fait officiellement au nom de la critique du « mille feuilles » service de dépenses et de gaspillage inutile, au nom du trop grand nombre d’élus, au nom d’une complexité qui rendrait illisible les responsabilités politiques.

A y regarder de près, il apparaît que derrière une explication un peu trop simpliste et un peu trop rapide se cache une réforme redoutable pour les services publics que rendent nos collectivités locales à tout un chacun. Pire peut être arrive-t-on avec ce texte à une formidable recentralisation bonapartiste de nos institutions républicaines.

Inspirée du rapport Balladur ce projet de réformes ne laisse subsister que la Région sous la tutelle de l’Etat et l’Intercommunalité.

Anti-départements et anti-communes le texte proposé en premier aux sénateurs dès la fin septembre 2009, laisse en blanc de larges pans vides de réponses.

On y propose l’absorption par les Régions des Départements : En 2014, il n’y aura plus de Conseillers généraux, ni de Conseillers Régionaux, mais plus qu’une seule catégorie : les Conseillers territoriaux.

Quel sera leur mode d’élection ? Mystère et boule de gomme !
La compétence générale exercée par le Conseil Général et le Conseil Régional disparaît au profit de compétences locales et spéciales. Cela signifie la fin des subventionnements croisés. Un projet communal ne pourra plus recevoir de subventions des Départements et des Régions. Tous les projets devront être financés par les autorités locales à hauteur de 50 % ! Cela signifie que tous les projets de proximité seront abandonnés. On étrangle ainsi la capacité d’intervention des communes.

Ainsi se constituera un nouveau rapport hiérarchique entre l’Etat et les communes.

Sous cette autorité les communes verront revenir la recentralisation du pays déjà le plus jacobin d’Europe.

Contre les communes va se créer les métropoles qui remplaceront toutes les communes de la communauté (+ de 500 000 habitants) en commune unique sous le nom de METROPOLE. De même les communautés pourront devenir des « communes nouvelles » à la simple majorité des communautés de communes. Les communes rurales disparaîtront.

Bien entendu une prime de l’ordre de 10 % de la D.G.F (dotation de l’Etat) sera attribuée aux nouvelles communes « unifiées » mais sera diminuée d’autant pour les autres.

Ce sera le dessaisissement des Conseils généraux de toute possibilités d’intervention auprès des communes les plus petites du département.

A travers le mode de scrutin différent envisagé entre les territoires urbains et les territoires ruraux mais aussi à travers la représentation communautaire qui ne laissera qu’un seul siège aux petites communes, le fossé se creusera entre les deux Frances.

Il en sera fini avec l’idée même de solidarité territoriale.

L’achèvement de la carte intercommunale y est une mesure utile mais l’objectif de mutualisation et de gouvernance fédérale des communautés laissera la place à la fusion-absorption des communes. Mais alors que cache cette réforme ? La volonté de réduire l’influence du réseau très important des élus socialistes dans le pays ?

Si c’était là l’objectif principal de cette réforme ce serait une visée à courte vue que de vouloir « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

A cette réforme institutionnelle marquée par la recentralisation du pays et la fin de la décentralisation prônée par la gauche depuis 1982 s’annonce une autre réforme encore plus pernicieuse, celle de la taxe professionnelle qui va conduire au recul des libertés communales et à leur étouffement financier.

La nouvelle fiscalité devient une véritable « usine » à gaz sans pour autant résorber son caractère injuste et inéquitable.

Par une série d’acrobaties fiscales, le Gouvernement va arriver à soulager le monde patronal de 8 milliards d’Euros pour les transférer à la charge des ménages.

Actuellement, la charge fiscale locale se partage à raison de 49 % sur les ménages et 51 % sur les entreprises. Demain si le texte est adopté en l’état, les ménages en supporteront 73 % contre 27 % pour les entreprises.

La taxe professionnelle sera supprimée et remplacée par la cotisation économique territoriale (CET), elle-même divisée en cotisation locale d’activité fondée sur la valeur ajoutée et destinée aux départements pendant qu’une taxe sur le foncier industriel reviendra aux communes et aux intercommunalités. La taxe d’habitation et la taxe sur le foncier seront enlevées aux départements et transférées aux communes. Ce seront désormais les ménages qui financeront l’intercommunalité.

De surcroît ces impositions seront difficilement modulables car le principe de la liaison des taux sera rétabli entre les impôts ménages et les impôts économiques.

Principe constitutionnel pourtant clairement affiché, l’autonomie fiscale des collectivités locales sera sérieusement mise à mal.

La conclusion de ce qui va correspondre à un réel recul des libertés publiques est que ; asphyxiées financièrement nos communes ne pourront plus assurer à la population les services publics actuels (écoles, crèches, voirie, culture…) garrottées les communes vont progressivement trouver avantage à fusionner et à disparaître.

C’est le fondement du socle républicain qui est attaqué. C’est le pacte républicain qui est remis en cause.

Face à ce démantèlement de la sphère publique, il faut mobiliser non seulement les élus mais surtout la population qui va être la première sacrifiée de cette réforme.

Y-a-t-il trop d’élus ? Coûtent-ils chers ? Sur les 500 000 élus que compte la démocratie française 99 % n’ont aucune rémunération !

Les futurs « Conseillers territoriaux » pourront-ils assumer le cumul des taches régionales et départementales au moment où tout le monde s’accorde à demander pour des raisons d’efficacité la fin des cumuls des mandats exécutifs ?

L’économie résultant de la suppression de 2000 élus départementaux ne va pas générer plus d’1/10 000ème des budgets des collectivités locales.

Cessons alors ce populisme anti-démocratique propre à l’extrême droite pour museler la République.

Les collectivités locales assurent aujourd’hui 73 % des investissements publics avec seulement 11 % du montant de la dette nationale. Nos concitoyens se plaignent-ils de la rénovation des collèges, des lycées, de nos écoles communales, de nos équipements sportifs et culturels, de l’action sociale ou des projets économiques locaux ?

 De l’avis du Gouvernement lui-même, elles vont assurer la relance avec 27 milliards d’Euros, soit plus du double de ce que va mettre le Gouvernement dans le plan de relance. Celui-ci vient constamment les chercher pour le financement du L.G.V, des routes, de la recherche, des universités…sans oublier les transferts permanents de charges sans moyens correspondants.cela s'appelle des transferts d'impots !

Tous les pays d’Europe ont 3 niveaux de gouvernance territoriale et sont bien plus décentralisateurs que notre France Jacobine. Alors qu’attendons-nous pour moderniser notre pays à l’instar des autres pays européens ?

Il ne s’agit pas d’être, systématiquement contre une réforme parce qu’elle émane du Gouvernement. Oui notre tissu territorial mérite réflexion et réforme.

Mais dans un autre sens. Une véritable réforme territoriale doit être transparente, consensuelle et doit renforcer l’autonomie des territoires au lieu de les affaiblir. L’objectif doit être de parfaire et de poursuivre la décentralisation de la France.

L’objectif doit être de donner aux collectivités locales les moyens de mener les politiques de proximité performantes qu’attendent les français aux avants postes de l’action contre la crise et pour la relance ; d’achever l’intercommunalité en la démocratisant avec plus de cohérence et de solidarité entre les communes ; organiser différemment les aires métropolitaines sans les opposer au monde rural ; créer un « chef de file » là où les compétences sont partagées ; réviser les bases cadastrales et rendre l’impôt local plus juste et mieux réparti.

Dans quelques semaines le parlement va discuter et voter cette réforme. Il est urgent de mobiliser non seulement les élus, toutes tendances et sensibilités politiques confondues, mais également les populations car, en fin de compte, ce sont elles qui vont subir en priorité les effets néfastes de cette politique dans leur vie quotidienne.

Notre rôle est de les informer et de les prévenir. Après il sera trop tard pour venir se plaindre !

 

 

Gérard GOUZES

Ancien Président de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale

Membre du Comité des Finances Locales

Président délégué de l’ADCF

Vice-Président de l’APVF

Maire de Marmande

Président de la Communauté de Communes Val de Garonne

Par Gérard Gouzes - Publié dans : Politique Nationale
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Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /2009 17:27



Que restera t il du service PUBLIC ?

Ce qui est au cœur du débat politique aujourd’hui est bien l’objectif que l’on assigne aux « Services Publics ». L’eau, l’assainissement, l’énergie, la communication, les transports, l’Education, la santé, la culture…Tous ces « services » peuvent être distribués par le public comme par le privé mais ce qui compte c’est quelques principes définis par le Conseil d’Etat en son temps comme l’égalité des services, des tarifs, des territoires…
Il y la là, en cette décade de dérégulation et de concurrence libre et soi-disant non faussée, un vrai clivage entre la droite et la gauche qui pourrait permettre à cette dernière de reprendre l’offensive idéologique.

Mais les « Services Publics » dans un pays comme le nôtre découlent de la tradition colbertiste à qui l’on doit l’organisation même de toute la nation. Même le très libéral Manuel BARROSO, Président de la Commission Européenne, se déclarait en pleine crise financière, économique et sociale mondiale, témoin de la qualité et de l’efficacité de l’administration française.


Et c’est justement là que se situe une véritable divergence que le prochain débat sur le futur paysage territorial devrait révéler.

En juin 2007, le Président SARKOZY lançait la Révision Général des Politiques Publiques (R.G.P.P.). Il annonçait comme une première la nécessité d’une réforme de l’administration du pays qui fait l’objet depuis deux siècles de modernisation, de simplification, de développement ou de démantèlement, de centralisation ou de déconcentration et de décentralisation permanents.


Tous les gouvernements, de droite comme de gauche, ont annoncé leur volonté de faire « mieux et moins cher » mais le mot « Réforme » a perdu au fil du temps son sens novateur pour le service du public. Il ne signifie plus que « changement » dans un bon ou un mauvais sens pour nos concitoyens.

Depuis la création des préfets en 1800 jusqu’à la loi organique relative aux Finances Publiques (LOLF) en 2001 lancée par Lionel JOSPIN la volonté d’adapter l’administration aux nouvelles technologies, à l’évolution de la Société, aux techniques les plus modernes du management a toujours existé… un consensus s’était établi au-delà des sensibilités pour moderniser les mécanos de l’administration. Même sous la gauche le conservatisme et la résistance à la réforme se sont fait ressentir.

C’est Gaston Deferre et Pierre Mauroy qui lancent le 2 mars 1982 la première loi de décentralisation malgré une opposition de droite déchainée à l’époque contre cette importante réforme. C’est ROCARD qui fait voter la loi Administration Territoriale de la République en 1992 qui initie les premières déconcentrations des services de l’Etat et c’est encore lui qui met en place le 22 janvier 1990 le premier dispositif d’évolution des politiques publiques. La création des Régions, la LOLF, la loi sur l’intercommunalité c’est Chevènement, c’est Jospin. Le même qui installa les programmes pluriannuels de modernisation dans les ministères. On le voit la gauche a été capable de reformer mais la droite aussi… mais d’une autre façon : dès 1910 le Conseiller d’Etat Henri CHARDON plaide pour la disparition du Ministère de l’Intérieur et des projets. En 1982 elle s’oppose à la décentralisation et à la loi A.T.R. Après 2002 elle supprime le DATAR.





Aujourd’hui, confondant réforme et suppression des services de l’Etat, elle réduit les grandes directions régionales à 8 contre 35 et 3 directions interministérielles dans les Préfectures. Ceci conduit à l’éclatement de certaines directions régionales actuel. Le DRASS est en partie transféré à l’ARS (Agence Régionale de Santé). Le Préfet de Région devient le patron des Préfets de département et les SGAR (Secrétaires Généraux des affaires régionales) voient leur rôle renforcé.

Tout cela ressemble à une recentralisation des missions de l’Etat, avec à la clef 672 postes supprimés en 2009. Les services départementaux sont fusionnés en 8 directions. La Direction de la population, la Direction de la cohésion sociale, la Direction des Territoires, la Direction des finances Publiques, l’inspection académique, la Direction de l’Agence Régionale de Santé, la Direction de la Sécurité, la Direction des libertés publiques et des collectivités locales.

A terme ce sont les sous-préfectures qui sont menacées de disparaître !



Les ministères subissent les mêmes restructurations : le MEEDDAT (Ministère de l’écologie et du développement durable et de l’aménagement du territoire) avale les CETE, le SETRA, le CERTU… c'est-à-dire l’ex-ministère de l’Equipement. Le « routier » est abandonné aux collectivités locales et aux départements. L’objectif est, dans les 3 ans, de se retirer de l’ingénierie, la maîtrise d’œuvre, l’assistance à maîtrise d’ouvrage dès lors que des entreprises privées sont à même de répondre aux besoins des collectivités.

Ainsi disparaîtra la D.D.E et ses services gratuits aux communes.








Les autres ministères sont également remis à plat. Il n’y aura plus que 30 ambassades à missions élargies et le reste seront de simples « postes de présence diplomatiques ». Une bonne idée apparaît : la création d’une direction transversale « de la Mondialisation » mais qui n’est pas dotée de toutes les ressources nécessaires.

Ce que les syndicats avaient refusé à la gauche : la fusion des anciennes directions des impôts et des trésoreries se fait maintenant « à la hussarde » à marche forcée sans réactions avec la suppression de 7000 postes d’ici 2012. Quand sera-t-il des conditions d’accueil du public ?

On va délocaliser l’INSEE à Metz. Bercy se dote d’une direction centrale unique la DGCIS (Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services). Cette fusion va réduire drastiquement le nombre de postes. Au ministère du travail on regroupe dans la DIRECTE les actuels services de la DRTEEP, la direction du commerce et de l’artisanat, la DRIRE, le commerce extérieur, la concurrence et la répression des fraudes. Quant à la fusion des inspections du travail, elle est déjà acquise. Les anciennes inspections de l’agriculture ou des transports sont absorbées dans les unités territoriales de la DIRECTE. De même sont fusionnés l’ANPE et les ASSEDICS en Pôle emploi et la création de la future direction générale de la cohésion sociale est sur les rails.





Quand à la justice, l’objectif est de fermer 178 Tribunaux d’Instance, 23 Tribunaux de Grande Instance, 60 Conseils des Prud’homme. 1200 postes sont supprimés et la prochaine promotion de magistrats sortie de l’E.N.M sera d’une trentaine de postes contre 250 les années précédentes.

 La protection judiciaire de la jeunesse voit ces 15 directions réduites à 9 et l’Etat compte bien refiler 1800 postes d’éducateurs aux services sociaux des Conseils Généraux. L’administration pénitentiaire ne peut plus assurer ses missions et les entreprises privées à qui l’on a confié la construction de nouvelles prisons se voient accorder des pans entiers de missions de services publics. (Entretien ; formation professionnelle des détenus ; cantines…)

Depuis le 1er janvier 2009 il n’y a plus de DDAF ou de DDE mais une seule direction départementale la DDEA avec l’inévitable réduction d’effectifs.

FRANCEAGRIMER est né : c’est un E.P.A. qui regroupe les offices agricoles : OFILER ; l’ONIPPAM ; VINIFLHOR, l’ONIGG… avec 150 emplois supprimés. L’A.S.P (agence de services et de paiement) remplace le CNASEA et l’AUP et supprimer 288 emplois.





Nous pourrions continuer ainsi et découvrir que la suppression annuelle de 20,30, ou 50.000 postes de fonctionnaires réduit tout simplement la capacité de régulation, de maîtrise, d’organisation de l’Etat, c'est-à-dire de notre « collectif », sur tous les mécanismes permettant de réduire les inégalités, de diminuer les injustices sociales, de garantir un minimum vital à tous, à mutualiser les risques de la vie… maintenant la direction est fixée « travailler plus pour gagner plus » ou bien plus classiquement : « chacun pour soi et sauve qui peut ».


Cette conception est-elle majoritaire dans notre pays ? Malgré les apparences je ne le crois pas. En réalité ceux qui ont bénéficié de « l’Etat Providence » sont aujourd’hui les plus nombreux. Ils sont bien installés et, l’égoïsme aidant, pensent que rien ne peut changer.


Faudra t-il alors Un immense retour en arrière, les effets effroyables d’une nouvelle crise du « capitalisme », le retour à la misère pour réintégrer l’esprit des luttes collectives et les efforts d’un état protecteur grâce à un secteur public fort ?

Je le crains fort car ce n’est pas la raison qui commande les hommes mais l’instinct de survie !

Par Gérard Gouzes - Publié dans : Politique Nationale
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