Le remord de l'Europe
Dans un article paru dans le monde du 24 novembre 2006 Alain LIPIETZ, député européen vert essaie d’imaginer ce que serait l’Europe aujourd’hui, si le Traité Constitutionnel avait été adopté. En effet, c’était le 15 novembre 2006 que l’Europe devait changer ses institutions. Tout le monde l’a oublié !
A ce jour dit il « pour la première fois, le parlement européen serait sur le point de voter la totalité du volet dépenses du budget 2007 de l’Europe ».
Cela signifie que les organisations agricoles, les associations de consommateurs, les mouvements anti-OGM interpelleraient les députés européens pour influencer leurs votes dont l’importance serait capitale pour leur avenir.
Les Députés européens auraient la possibilité de mettre en débat la définition, la fourniture et le financement des servies publics d’intérêt général. C’était l’article 122 de feu le Traité Constitutionnel européen.
Le parlement européen aurait pu prendre depuis mai 2005 diverses autres initiatives par le biais de pétitions citoyennes ( 1 million de signatures). Je suis sur que nous aurions été nombreux à lancer le débat sur les OGM ou le nucléaire et je partage avec Alain Lipietz beaucoup de regrets. Peut être même que de nombreuses harmonisations sociales auraient pu être aussi proposées : minimum sociaux, critères environnementaux, écot axes, fiscalité…
Lieptiez a raison, la charte sociale européenne aurait valeur normative en France comme dans tous les pays européens et le gouvernement de Monsieur DE VILLEPIN et SARKOZY serait obligé de retirer de son arsenal juridique les CNE et autres CPE ou contrats précaires inventés pour satisfaire l’insatiable MEDEF !
Tout cela est mort et enterré. Il n’y a jamais eu de plan B et l’Europe, qui fonctionne avec les institutions du Traité de Nice, complètement inadaptées à une Europe de 25 ou 27 pays, prend de plus en plus la forme d’une Europe libérale reléguée à une zone de libre-échange ou la concurrence est « libre et ouverte » quand elle aurait du être « libre et non faussée » notamment par le dumping social, environnemental ou fiscal !
La majorité serait la règle là où aujourd’hui le moindre veto d’un quelconque pays bloque tout progrès et toute avancée.
Pendant ce temps, la mondialisation libérale se développe partout et la Chine, le Brésil, l’Inde ou la Russie s’affirment sur la scène internationale.
Lipietz est plus dur encore et écrit : " ces dirigeants ne parlent même plus de l’Europe… la Russie nous méprise, l’Iran nous ignore…. Le rêve d’une Europe super puissance civile capable de faire évoluer la loi internationale dans les sens de l’intérêt de la planète ( accord de Kyoto, convention sur la bio-diversité) s’est évanoui ! ».
Comment enrayer ce déclin ? Quel espoir reste t’il ?
L’an prochain, c’est l’Allemagne puis la France qui prendront la tête de l’Europe.
Chacun doit comprendre qu’il s’agit là véritablement de la dernière occasion de relancer l’EUROPE et que ce soit une Présidente française, socialiste, avec l’aide de tous les partis socialistes et sociaux démocrates européens, n’est pas sans importance pour tous ceux qui veulent dépasser le OUI et le NON du dernier referendum raté de Jacques CHIRAC.
Voilà pourquoi le front anti-libéral du 29 mai 2005 ne peut pas et ne doit pas prospérer à l’élection présidentielle de 2007.
A nous au PS de lancer une grande initiative dés à présent pour que cette question vitale pour l’avenir de nos conquêtes sociales soit au cœur du débat national qui va s’ouvrir !
Gouzes Gérard
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