Redresser la France
Ségolène Royal vient de réussir la présentation de son programme présidentiel. 100 propositions pour répondre à la crise sociale et morale que traverse notre pays.
Tous les observateurs les plus objectifs ont reconnu qu’elle avait marqué des points par la crédibilité de ses propositions dans un contexte financier désastreux laissé en place par Monsieur Sarkozy et les siens.
Cela n’a pas empêché, immédiatement, les artilleurs de l’UMP, embarqués au coin de son discours de déverser une pluie de commentaires préparés à l’avance sur le coût des mesures proposées.
Heureusement, au même moment, à la demande de Ségolène Royal, Dominique Strauss Kahn, Didier Migaud et François Marc lui remettaient un remarquable document sur les mesures fiscales à prendre pour redresser la France, il convient brièvement de faire le constat.
L’UMP et son candidat annoncent de nouvelles baisses d’impôts pour les plus riches et Johnny Halliday, exilé en Suisse, promet de revenir si Sarkozy est élu pour supprimer l’impôt de la Solidarité sur la Fortune (I.S.F).
Depuis 2002, la tranche maximale sur le revenu est descendue de 48,09 % à 40 % et les « niches » d’exonérations fiscales se sont multipliées diminuant les recettes de l’état.
Par contre, et on ne le dit pas assez, depuis 2002 que la charge fiscale globale (c’est-à-dire le total des impôts et des cotisations sociales) a fortement augmenté ! Sur le salaire moyen le taux global de prélèvement social et fiscal atteint 71,3 % du salaire brut. C’est le record dans tous les pays de l’OCDE.
La charge fiscale globale atteint 44 % du produit intérieur brut (P.I.B) entre 39,6 % en moyenne dans l’Europe des quinze. Les seules dépenses de protection sociale atteignent en France 31,2 % du P.I.B. Seule la Suède nous dépasse (32,9 %).
Au-delà des promesses, les français ont majoritairement compris que les défis à relever sont considérables et qu’il faudra d’abord renouer avec la confiance.
L’appareil productif s’est affaissé depuis 2003.
Dans un contexte international marqué par une croissance sans précédent.
La dette publique (2000 milliards d’euro et près de 65 % du P.I.B) est insoutenable et le seul remboursement annuel atteint les 80 milliards d’euro.
Le déficit des comptes sociaux a triplé depuis 2002. Notre modèle social est malmené avec la stagnation du pouvoir d’achat (la vie chère) et tout le monde constate une panne générale de la redistribution sociale.
La France est en faillite et le candidat de la majorité sortante ferait mieux de mettre en application ses propositions puisqu’il est aux commandes, plutôt que de nous promettre de faire ce qu’il n’a pas fait depuis 5 ans !
Les remèdes à ce désastre économique, social et financier tiennent à la mise en œuvre de 3 principes :
1 – La stabilisation des prélèvements obligatoires pour l’immense majorité des français, afin de réduire la dette publique et de rétablir l’équilibre des comptes de la nation.
2 – La mise de la fiscalité au service de l’emploi et de l’activité économique.
3 – L’amélioration de l’efficacité de la dépense publique.
Pour cela, Ségolène Royal a raison, il faut réformer l’Etat, non comme le veut Sarkozy par une régression de l’action publique mais par une meilleure réponse aux besoins des français.
La France doit être redressée, remise sur ses pieds, et pour cela il faut changer de politique économique et sociale.
Ce n’est qu’ainsi que nous restaurerons la solidarité et l’égalité des français devant l’impôt et que nous pourrons d’un développement durable. Ce n’est pas à ceux qui depuis 5 ans, ont ruiné la France, de nous donner des leçons de gestion.
· (cf. propositions à Ségolène Royal, de Dominique Strauss Kahn, Didier Migaud et François Marc pour une fiscalité plus juste et plus efficace).
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